Du point de croix de ses débuts aux piquetures actuelles, Fanny Viollet a inventé la voie de son indépendance artistique. Edifiante liberté, construite au moyen d’outils symptomatiques d’une prédestination féminine. Autrefois, les fillettes marquaient au fil rouge le trousseau de leur futur mariage. « Ta fille, elle a marqué ? », interrogeaient les mères, évoquant à la fois la broderie et la menstruation.
Le fil rouge, c’est le fil directeur d’une histoire transmise de mère en fille. En dépit, ou peut-être à cause de cela, Fanny Viollet persiste : « La broderie est un moyen d’expression à part entière ». Pour son trousseau artistique, elle choisit du linge qui a déjà vécu, avec une prédilection pour les mouchoirs et les draps : « qui sont en rapport avec les débordements du corps ». Et, depuis plus de 20 ans, défiant les préjugés, Fanny Viollet emmène fils et aiguilles dans le champ artistique.














